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picto La fièvre catarrhale des bovins ou F.C.O.

Depuis l’été 2006, l’Europe centrale et du nord a assisté à l’émergence d’une nouvelle pathologie, la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO). La dissémination de l’infection a été particulièrement efficace et le cortège de signes cliniques observés a provoqué une très forte inquiétude dans la production bovine.
Cette inquiétude  était-elle justifiée ? Qu’est-ce que la FCO et est-t-elle encore d’actualité ?


Quel germe est responsable de la maladie ?

Le virus responsable de la FCO fait partie de la famille des Reoviridae, genre Orbivirus. On le désigne généralement par l’abréviation BTV (pour « Blue Tongue Virus », en anglais).

Ce virus est capable d’infecter  les moutons mais également certains ruminants sauvages, les chèvres et les bovins. Le contrôle de la FCO et de ses conséquences cliniques s’avère particulièrement ardu car de nombreux sérotypes (24 « sous-virus » différents : BTV1, BTV6, BTV8…) peuvent théoriquement émerger et infecter les animaux.


Comment la maladie se transmet-elle ?

La transmission indirecte de la maladie nécessite la présence d’un vecteur : un insecte du genre Culicoides qui ressemble à une petite mouche.

La transmission du virus s’opère réciproquement lorsqu’un insecte contaminé pique un ruminant ou lorsqu’un ruminant contaminé est piqué par un insecte. Le culicoïde prend un repas de sang (piqûre) 3 à 4 fois par jour durant sa vie de 70 jours.

Un bovin est capable de transmettre le virus à un autre animal (directement ou indirectement) pendant 140 à 160 jours : l’analyse du sang de l’animal permet de confirmer cet état. Le système immunitaire des ruminants  réagit au virus (sauvage ou vaccinal) en produisant des anticorps qui sont détectables par analyse et qui persistent pendant une période indéterminée. L’analyse du sang de l’animal permet donc aussi de savoir si l’animal a été infecté.


La transmission directe permet la dissémination de la maladie directement d’un ruminant à un autre ruminant de la même espèce.

Ainsi, les mâles peuvent exceptionnellement excréter le virus dans le sperme lorsque qu’ils sont contaminés. Il convient donc d’attendre 160 jours après avoir détecté l’infection du taureau pour le remettre à la reproduction.

La dissémination du virus d’une mère gestante à son fœtus est estimée à 10 %. Après la naissance, les  veaux issus de ces mères sont parfois capables de disséminer le virus.

La transmission directe entre 2 individus dans d’autres circonstances (via les délivres, par exemple)  est plausible mais n’a pas encore été formellement démontrée.


Un passage de FCO impacte les performances de reproduction

Quels sont les symptômes qui caractérisent la FCO ?

L’expression de la FCO peut être « sub-clinique » (inapparente) chez les caprins, ruminants sauvages et parfois chez les bovins et ovins. Elle peut aussi être « clinique » (avec des symptômes) chez les bovins et surtout chez les ovins.

 

L’expression « clinique » de la maladie se présente sous la forme suivante :

Une température élevée, de l’abattement et de l’anorexie sont observés suite à la contamination de l’animal. Une chute de la production laitière et une perte de poids peuvent durer jusqu’à 4 à 8 semaines.  Des ulcères peuvent apparaître au niveau des naseaux, de la bouche, des yeux, du bas des membres et des trayons. Dans la grande majorité des cas, les bovins survivent à la maladie et les lésions régressent significativement.

 

L’infection aigue est associée à une infertilité transitoire chez le taureau. Une explication serait l’élévation de la température présente à ce moment de l’infection.

 

L’infection d’une vache gestante puis éventuellement de son fœtus ne provoque pas systématiquement des avortements ou des anomalies congénitales. En revanche, l’allongement de l’intervalle vêlage-conception, un taux de conception plus faible en première insémination, et un âge plus élevé au premier vêlage sont plus souvent observés et sont la conséquence de mortalités embryonnaires fréquentes.

 

Le passage de la FCO se caractérise donc également par une baisse des performances de reproduction et de production (laitière notamment).


Comment traiter les bovins malades de la FCO ?

Un traitement antibiotique peut être justifié pour limiter les risques de contaminations secondaires bactériennes, mais n’a évidemment aucune efficacité directe contre le virus de la FCO.


Comment assurer la prévention de la FCO ?

La vaccination permet, d’une part, de limiter l’expression clinique de la maladie et d’autre part, de limiter la dissémination de la maladie à travers les cheptels et à travers le territoire.

 

Dans moins d’un cas sur 2000, la vaccination peut entraîner une hausse de la température, une diminution de la production laitière, des réactions cutanées, des chocs de type allergique et des avortements. Cependant, il convient de dissocier ce qui relève du vaccin proprement dit, de ce qui relève du stress ou des d »faut de contention au moment de l’acte vaccinal.

 

L’utilisation des insecticides permet par ailleurs de limiter le contact bovin-vecteur, et donc le risque de transmission de la maladie. En tuant une partie des insectes reproducteurs, elle ralentit l’explosion du nombre de culicoïdes dans l’environnement immédiat des animaux et diminue donc la pression d’infestation.  La désinsectisation demeure également obligatoire pour tous les mouvements d’animaux, mêmes vaccinés.


L’impact économique direct de la FCO résulte donc d’une diminution des performances zootechniques telles que la production laitière.

Vaccination et désinsectisation sont les deux piliers de lutte contre la FCO.


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