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picto Comment réaliser le diagnostic de la Paratuberculose ?

Quand avoir recours au laboratoire ?

 

La clinique de la paratuberculose bovine, certes évocatrice en phase terminale (diarrhée aqueuse, bulleuse, avec des phases de rémission, puis amaigrissement rapide et cachexie) ne suffit pas, à elle seule, pour poser un diagnostic certain. Un prélèvement sur le bovin suspect est indispensable, il se fera dès que possible, pour accélérer son éventuelle élimination du cheptel.

Lorsque, dans un même cheptel, plusieurs cas cliniques confirmés par le laboratoire sont mis en évidence (le nombre et la fréquence sont très variables en fonction du type d'élevage), une recherche systématique des animaux positifs et particulièrement des excréteurs (ceux qui non seulement hébergent la bactérie de la maratuberculose mais qui en plus, sont dans une phase où ils la transmettent aux autres) pourra être envisagée.


Quels sont les bovins concernés ?

 

Principalement les bovins de plus de 24 mois, avec une petite distinction entre la confirmation d'un diagnostic clinique et la recherche des excréteurs :

  • La phase clinique apparaît classiquement chez la vache laitière après le premier ou le deuxième vêlage, et chez la vache allaitante après 6 ou 7 veaux,
  • La recherche des excréteurs, elle, se fera sur tous les animaux du cheptel (mâles et femelles) de plus de 24 mois, voire plus de 18 mois dans certains cas.


Doit-on avoir recours systématiquement au laboratoire ?

 

L'I.D.C. (intradermotuberculination comparative) est une technique de terrain qui consiste en une comparaison de l'intensité de la réaction obtenue en injectant sous la peau de l'animal de la tuberculine aviaire, réagissant entre autre à la présence de l'agent de la Paratuberculose, et la tuberculine bovine, utilisée en prophylaxie de la Tuberculose.

Cette technique permettrait un dépistage des animaux en phase précoce, mais son manque de spécificité n'en fait pas une technique intéressante (elle réagit aussi à la présence d'autres bactéries « cousines » de celle de la paratuberculose. Il y a donc des animaux positifs au test qui ne sont pas concernés par la paratuberculose. On parle de « faux positifs »).


Quelles sont les différentes techniques de laboratoire ?

 

On peut distinguer deux types de diagnostics :

  • le diagnostic direct, c'est-à-dire la détection de la bactérie de la Paratuberculose elle-même: la bactérioscopie, la culture fécale et la P.C.R. (Polymérase Chain Réaction).
  • le diagnostic indirect: la détection dans le sang du bovin des anticorps qu'il a fabriqué contre la bactérie (test ELISA).


La bactérioscopie consiste à visualiser la bactérie, avec un microscope, dans les matières fécales, grâce à une coloration spécifique. Le germe ainsi mis en évidence est décrit comme un "bacille acido alcoolo résistant" ou "BAAR".

La culture fécale est actuellement considérée comme la technique de référence. Celle-ci consiste en un ensemencement sur milieu spécifique, la Mycobatine, par des matières fécales (plus rarement par des tissus intestinaux ou ganglionnaires). Les premières colonies de bactéries ne poussent qu'après 8 semaines, avec un résultat définitif à 18 semaines.

La P.C.R. consiste à détecter un fragment d'ADN spécifique de la bactérie, préalablement amplifié grâce à des techniques lourdes. Les prélèvements possibles sont principalement les matières fécales, mais aussi la muqueuse intestinale ou un ganglion (à l'abattoir).

Le test ELISA est la seule technique sérologique disponible en routine. Le seul prélèvement possible actuellement est le sang. Des tests ont été effectués sur le lait mais ne sont pas encore satisfaisants.


Le diagnostic sérologique "ELISA" est souvent préféré pour les plans d'assainissement

Quel est l'intérêt de chaque technique ?

 

Pour répondre à cette question il faut distinguer le diagnostic de confirmation d'un animal cliniquement malade, et celui pré-clinique pour une élimination des animaux potentiellement excréteurs.

Lors de suspicion clinique les techniques de choix sont la bactérioscopie et le test ELISA. Ces deux techniques sont complémentaires. Si elles sont utilisées ensemble (très préférable), la sensibilité des tests est très bonne (80 à 90%) avec également une excellente spécificité (jusqu'à 99% avec l'ELISA).

Pour la détection des animaux excréteurs le tableau n'est pas aussi idyllique. En effet, les techniques actuelles n'apportent pas toutes une spécificité mais surtout une sensibilité (capacité à détecter tous les positifs, même si la bactérie est présente en petite quantité) importantes.

 

  • La technique actuelle de référence reste la culture fécale, sa bonne spécificité évite les erreurs par excès avec le risque d'élimination d'animaux sains et son manque de sensibilité peut être compensée par la multiplication des prélèvements (prélèvements individuels de matières fécales sur tous les bovins de plus de 24 mois). Toutefois, le long délai nécessaire pour obtenir un résultat conduit souvent à ne pas la retenir pour les plans d'assainissement.

 

  • La P.C.R. pourra à terme supplanter la culture fécale si son coût baisse significativement, avec pour avantage un délai de résultat bien meilleur (48 heures au lieu de 18 semaines !!!).

 

  • La Technique ELISA donne un résultat rapide pour un coût modéré. Elle est donc souvent retenue pour les plans d'assainissement. Elle présente toutefois un inconvénient majeur : si, globalement, sa sensibilité est comparable aux autres techniques pour détecter les animaux positifs, elle « rate » plus d'animaux excréteurs (les plus dangereux).

 

Les techniques de diagnostic de la Paratuberculose sont nombreuses. Si elles sont suffisantes pour confirmer un diagnostic clinique individuel, constituer un plan de lutte contre la Paratuberculose dans un élevage reste difficile, long et coûteux et devra toujours être associé à une maîtrise de la conduite d'élevage.


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