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picto La stéatose hépatique des bovins

Dans la majorité des cas, la stéatose, accumulation anormale de graisses dans le foie, résulte d'un accroissement de la synthèse hépatique des triglycérides, conséquence directe d'une augmentation des acides gras libres circulant dans le sang, eux-mêmes provenant de l’utilisation des graisses de réserve. Cela peut provenir d'un mauvais rationnement : une suralimentation de la vache tarie et une sous-alimentation relative en début de lactation, mais surtout une baisse d'appétit en début de lactation qui entraîne la vache dans un cercle vicieux l’amenant à mobiliser anormalement ses réserves de graisse.


Quels sont les signes de la stéatose ?

 

Les vaches atteintes de stéatose hépatique ne présentent aucun signe d'insuffisance hépatique. Elles peuvent présenter toutefois un abattement et une chute d'appétit en début de lactation.

Bien souvent le signe d'appel est l'apparition, après le vêlage, de maladies anormalement résistantes aux traitements classiques : métrite, retard d'involution utérine, mammite d'environnement, rétention placentaire, hypocalcémie, paraplégies rebelles aux traitements ou encore, déplacements de caillette.

Ce sont les signes du désordre métabolique sous-jacent : la stéatose hépatique, encore appelée syndrome de la vache grasse. Les corps cétoniques affectent l'immunité, ce qui explique ces maladies.


Une série de dosages sanguins peut confirmer la stéatose

Comment confirmer la maladie ?

 

Les lésions sur une vache lors d'une autopsie à l'équarrissage révèlent la présence d'amas graisseux péricardiques, rénaux, sous-cutanés, d'un foie jaunâtre aux bords arrondis, de consistance molle et d'une vésicule biliaire volumineuse.

Sur un animal vivant, la confirmation individuelle est possible par recherche ou dosage des corps cétoniques dans les urines, le lait ou le sang.

 

                Pour un diagnostic de troupeau, il est aussi possible de faire réaliser des dosages de cholestérolémie, SGOT, glycémie et béta-hydroxy-butyrate.

En cas de stéatose, le dosage du sucre dans le sang (glycémie) est bas. En dessous de 0,45 g/l il y a baisse de l’appétit et montée de l’acétone.


Quel sera le traitement appliqué par votre vétérinaire ?

 

Le traitement vise à ralentir l'amaigrissement, relancer les grandes fonctions physiologiques, sauvegarder la production laitière et assurer une nouvelle fécondation dans les délais compatibles avec une rentabilité de l'animal.

 

Le vétérinaire dispose de médicaments assurant :

  • une réduction de la lipomobilisation : les bêtabloquants (propanolol), les sels de sodium de l'acide nicotinique (vitamine PP), les sels de magnésium.
  • une relance de la néoglucogénèse : les glucocorticoïdes
  • une restauration de la glycémie par injections massives de glucose (hypertonique) et par la bouche de précurseurs de ce dernier : glycérol, propylène glycol, propionate de soude, acides aminés glycoformateurs
  • la protection du foie (hépatoprotecteurs) : choline, bétaïne, méthionine en association avec sélénium et vitamine E.


La maîtrise de l'alimentation des laitières est la clé de la réussite

Comment éviter l'apparition de la stéatose ?

 

Elle nécessite des règles précises d'alimentation des VLHP (Vaches Laitières Hautes Productrices) pendant les trois périodes essentielles :

  • la fin de lactation
  • le tarissement
  • le début de lactation

 

 Ce sont :

  • la réduction progressive des apports énergétiques en fin de lactation et au tarissement,
  • l'élimination ou la limitation des ensilages pendant le tarissement, et après le vêlage,
  • pendant la phase initiale : couverture des besoins par la distribution progressive de concentrés riches et appétents et des correcteurs diététiques adaptés.
  • la distribution de foins de qualité ou de rations complètes adaptées en lactation.

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