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picto Les pathologies néonatales en élevage cunicole

Les mortalités post-natales interviennent principalement durant les 72 premières heures, et leur cause principale est le plus souvent méconnue de l’éleveur. Cependant, les causes les plus nombreuses sont avant tout d’ordre technique, les aspects sanitaires stricto sensu n’étant que très mineurs en pourcentage des mortalités totales.


L'élaboration du nid :

 

La lapine élabore un nid quelques jours à quelques heures avant la mise bas, avec les matériaux mis à sa disposition : copeaux de bois ou lin, et quelquefois paille ; ce à quoi elle ajoute des poils. Les lapines qui élaborent le mieux leur nid sont également celles qui placent le mieux leurs lapereaux. Il est également prouvé que l'apprentissage de l'élaboration du nid se fait au cours des trois premières mises bas.

L'élaboration du nid

La lapine élabore un nid quelques jours à quelques heures avant la mise bas, avec les matériaux mis à sa disposition : copeaux de bois ou lin, et quelquefois paille ; ce à quoi elle ajoute des poils. Les lapines qui élaborent le mieux leur nid sont également celles qui placent le mieux leurs lapereaux. Il est également prouvé que l'apprentissage de l'élaboration du nid se fait au cours des trois premières mises bas.


La Qualité du nid :

 

Techniquement, les qualités de l'ambiance du nid peuvent être mesurées par la température et l'humidité qui y règnent. Des données scientifiques démontrent clairement l'impact de ces deux facteurs sur les paramètres métaboliques (glycémie, corps cétoniques) voire vitaux du lapereau.

Certaines techniques d'élevage permettent d'avoir des nids plus propres : la pratique de la fermeture quotidienne des boîtes à nid évite que les lapines séjournent en permanence dans le nid ou y fassent leurs besoins ; ceci permet également un meilleur contrôle des lactations et une meilleure gestion des nids.


La tétée :

 

Le lapereau tète extrêmement rapidement après la mise-bas. Une étude récente a montré que la tétée dans les 12 premières heures (tétée colostrale) échoue pour un lapereau sur cinq en première mise-bas alors qu'en deuxième mise-bas, seulement un lapereau sur douze ne parvient pas à téter dans ce même laps de temps.

Le taux de survie de ces lapereaux à dix jours d'âge est corrélé de façon négative au nombre de lapereaux n'arrivant pas à téter dans les 12 premières heures.


Abandon du nid :

 

Les mortalités afrigorées et les abandons de nids des lapines doivent en priorité donner lieu à une recherche des facteurs de risque entrant dans la dégradation de cette qualité du nid, y compris en améliorant même temporairement la structure du nid elle-même grâce à des astuces simples (couverture des couvercles de nid grillagés par exemple).


La présence de rongeurs augmente le risque de cannibalisme

Le cannibalisme :

 

Le cannibalisme des lapereaux par leur mère est un problème rencontré régulièrement en élevage. Ce type de comportement trouve son origine par un dérangement fréquent des femelles, qu'il soit constant ou non. Les causes de ce dérangement sont quelquefois difficiles à trouver, mais il faut penser en priorité aux rongeurs. La présence de rats ou de souris peut également induire des abandons de nid ou des mises bas sur grillage.


Mise-bas hors du nid :

 

Les mises-bas en dehors du nid sont souvent fatales au lapereau s'il n'est pas immédiatement remis dans son nid. Ces mises-bas sur grillage sont favorisées par les stress importants et par une pratique anarchique des injections d'ocytocine : injections pratiquées trop tôt par rapport à la mise bas ou par rapport aux premiers lapereaux nés.


Lapereaux non viables :

 

Certaines pathologies néonatales sont dues à des malformations rendant le lapereau non-viable : c'est le cas par exemple des hydrocéphalies.

Les mortalités doivent aussi prendre en compte de façon systématique le taux d'élimination néonatal : beaucoup d'éleveurs sont en effet incapables de se résoudre à sacrifier les lapereaux les plus petits dont il est prouvé que la viabilité est très faible.


Les pathologies bactériennes :

 

En phase néonatale et au cours des cinq premiers jours de vie du lapereau, les deux germes les plus fréquemment isolés sont les colibacilles et les staphylocoques :

 

  • Les colibacilles : Les bactéries digestives impliquées dans les mortalités néonatales sont dominées par les colibacilles. Chez le lapin, ils sont classés parmi les entéropathogènes et sont distingués selon leur sérotype et leur biotype. Certains colibacilles sont très meurtriers et causent la mortalité de quelques portées dans leur totalité.
  •  Les staphylocoques : Des formes d'infections cutanées relativement précoces peuvent être rencontrées dans des contextes de forte excrétion de staphylocoques par les femelles. Dans ce cas, les symptômes touchent des lapereaux de différentes portées.


Les adoptions :

 

Les adoptions peuvent constituer un facteur de diffusion des germes pathogènes à l'intérieur des maternités, en particulier si les adoptions sont pratiquées de façon quotidienne et jusqu'à un âge avancé du lapereau. Les pratiques d'adoption réalisées en élevage influent bien évidemment sur la viabilité du lapereau.

Beaucoup d'éleveurs n'homogénéisent encore pas les portées. Il est aujourd'hui parfaitement prouvé que l'homogénéité des portées joue sur la mortalité et le GMQ. Le choix des femelles pour la pratique de l'homogénéisation est fondamental.


Le travail de l'éleveur autour de la mise bas et pendant la période néonatale est primordial et certains paramètres peuvent constituer des facteurs de risque indéniables sur la viabilité du lapereau. Une enquête menée auprès d'éleveurs français par deux vétérinaires cunicoles sur les pratiques en maternité a permis de cerner certains facteurs de risques de l'entérocolite, syndrome pathogène dont les dégâts sont observés essentiellement en engraissement. Il apparaît aussi que la surveillance et l'observation des lapines durant les mises-bas et au démarrage de la lactation sont des étapes indispensables pour pouvoir maîtriser les pathologies néonatales du lapereau.


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